Lieux de débauche familiers

En juillet, on peut souvent croiser vers minuit au parc Lucerne — juste à côté du Walmart — un jeunot du voisinage aime attendre dans un buisson et vider les couilles de qui le veut bien. Il n’a que vingt ans et a déjà trois étés de stupre à son actif; il est donc de bon aloi de faire un détour et aller l’encourager dans sa démarche de croissance personnelle.

 * * *

 La nuit, vous pouvez vous garer tout l’été dans le second parking du parc Jacques Cartier. Vous y verrez des types se branlant dans leur voiture ou dans le boisé près de la rivière. On n’a qu’à se pencher pour cueillir et déguster ces champignons rougeâtres qui font le bonheur des amateurs.

 * * *

 On s’amusait ferme dans les toilettes pour hommes du Zellers avant qu’ils ne scellent les glory holes avec des plaques de d’acier galvanisé. Maintenant, c’est un peu plus difficile, car il faut faire preuve d’un peu plus d’astuce. Il y a trois cabines à droite, près de la porte, et juste à ôté, deux urinoirs. Assis sur la cuvette, on peut voir le reflet de son voisin sur les tuiles du mur et ainsi constater s’il se branle ou non. Il s’agit alors de faire de même et en route pour Cythère. Certes, le gardien de sécurité fait parfois irruption pour surprendre les étreintes viriles et faire arrêter les queutards, mais le risque n’est-il pas le sel de l’existence?

 * * *

Il y a aussi ce car wash ouvert 24/7 sur la rue Johnson — quel nom prédestiné! Le jour, les gentils banlieusards viennent en famille faire reluire leur Buick pour quelques dollars ou encore déguster une délicieuse poutine vendue au stand à patates. Mais la nuit, il fait bon de se garer près des aspirateurs et y attendre des volontaires prêt à offrir un peu de succion. Parfois, des jeunes apaches s’assoient sur la table à pique-nique, la braguette gonflée de sève comme un fruit mûr, et n’attendent qu’un appel de phares pour venir vous rejoindre — mais la plupart du temps, il s’agit de mecs mariés dans la trentaine ou la quarantaine venus s’encanailler avant de rejoindre au lit leur légitime et ronflante épouse. Vous pourrez alors piquer vers le boisé attenant et goûter au plaisir vif des intromissions priapiques nocturnes.

 * * *

Près du pont, où le rugissement des rapides de la Gatineau couvre les râles des mâles en rut, on rencontre dès la fonte des neiges des types un peu louches qui aiment fumer, le dos contre le mur de pierre couvert de graffitis et la bite nonchalamment sortie de leur short. Les présentations sont prestement faites et il est possible de s’embrocher vigoureusement à l’abri des regards des promeneurs du dimanche qui un peu plus haut, filent à vive allure vers Cantley à bord de leur pickup modifié en écoutant du country.

 * * *

Il ne faut surtout pas oublier le One in Ten, sur rue Bank. Pour la modique somme de neuf malheureux dollars, un staff member vous ouvre la porte du backroom rempli de staffs et de members. On y projette des films mettant en scène des adonis s’entubant avec acharnement pendant que dans la salle, ces messieurs se polissent l’outil en zieutant la clientèle. Lorsque les regards se croisent et se plaisent, il est possible de se rendre dans une cabine pour forniquer à deux ou à trois dans l’intimité. Ou alors, on peut profiter des cabines pour sucer les verges tendues que l’on nous tend à travers les glory holes et ainsi s’offrir un masque de foutre qui craquera en séchant sur les joues.

 * * *

Si le lac Meech rappelle de douloureux souvenirs à certains Québécois, c’est qu’ils n’ont jamais arpenté, par une journée de canicule, le sentier près de la plage O’Brian qui s’enfonce dans le bois. Le parcours est semé d’embûches, mais on oublie nos pieds meurtris à la vue des corps nus lézardant sur les pierres. Il faut hélas être ciselé comme une statue de marbre pour avoir le privilège de se frotter à ces peaux alanguies, mais rien n’empêche de tomber le maillot et s’astiquer le manche en contemplant deux spécimens splendides s’adonner à un soixante-neuf exquis sous le soleil implacable de midi.

Publicités
Publié dans Récits | Laisser un commentaire

La gaffe du gars du gazon

L’été de mes dix-sept ans, j’ai perdu le meilleur contrat de tonte de pelouse de la ville parce que mon chum Patrick était un imbécile.

C’était le meilleur contrat surtout à cause de madame Lavoie. Quand monsieur Lavoie n’était pas à la maison — et dieu sait qu’il n’y était jamais — elle venait toujours nous offrir une pointe de tarte dès que le dernier carré de gazon venait d’être tondu. Vous aurez compris qu’elle ne parlait pas de pâtisserie et que celui qui dégustait sa tarte aux poils correctement pouvait en prime limer tous les orifices de la maîtresse de la maison jusqu’au retour du boulot de son légitime époux.

Or, ce n’était jamais le tour de ce crétin de Patrick de jouer à la bête à deux dos avec la charmante trentenaire, car il avait envie de vomir dès qu’un seul poil pubien avait le malheur de se glisser dans sa bouche. Chaque semaine, il se plaignait de ne jamais être choisi, de toujours devoir rester assis tout seul au soleil sur la terrasse pendant qu’on se tapait la cliente, que ce n’était pas juste, et patati et patata. Alors imaginez sa joie lorsque madame Lavoie vint lui demander s’il pouvait tailler son buisson lorsqu’il reviendrait, la semaine suivante.

Tout aurait été parfait si monsieur Lavoie n’avait pas été à la maison et surtout si cet abruti de Patrick n’était pas entré dans la maison, nu comme un ver, avec des ciseaux, un rasoir et de la crème à raser. Car non seulement ai-je dû tailler ce foutu thuya moi-même, mais j’ai perdu à cause de cette andouille de Patrick le meilleur contrat de tonte de pelouse et la meilleure tarte aux poils de la ville.

Publié dans Récits | Laisser un commentaire

Pourquoi les tapettes n’arrêtent pas de sucer ma queue?

Bon, vous venez de lire le titre de ce texte et vous vous imaginez sûrement que je suis homophobe. Ne vous méprenez pas, je suis un être tolérant et ma devise a toujours été «vivre et laisser vivre». Ça ne m’empêche pas d’avoir pas mal de problèmes avec les homosexuels, surtout ceux qui m’abordent effrontément et se mettent à sucer ma queue sans autre forme de procès.

Prenez le gars que j’ai rencontré dimanche dernier dans le vestiaire de la piscine. Nous discutions innocemment de nos entraînements respectifs sous la douche et je vous jure qu’il avait l’air d’un homme, un vrai, avec son cou large et noueux, ses biceps gonflés, ses cuisses dures comme le roc. Bref, rien qui me laissait supposer qu’il était gay — du moins jusqu’à ce qu’il s’agenouille devant moi et se mette à sucer ma queue.

Comment a-t-il pu avoir l’audace de prendre ma bite dans sa bouche? Trouvait-il que j’avais l’air gay? Pourtant, je ne portais ni un boa de plume, ni des paillettes… et je ne portais pas non plus d’écriteau attaché autour de mon cou disant « Homosexuels, veuillez me faire une turlute s’il-vous plaît », à ce que je sache.

Comprenez-moi bien, je n’ai absolument rien contre les homosexuels. Ils peuvent faire leurs trucs contre-nature comme ils l’entendent sans même se cacher si ça leur chante. J’ai même déjà regardé la gay pride à la télé, c’est dire. Mais lorsqu’ils se mettent à me pomper le dard, là, j’ai vraiment un problème.

Comme par exemple l’été dernier, quand je suis parti faire une randonnée en forêt et que j’ai croisé un rude gaillard blond dans la trentaine baraqué comme un bucheron. Comme il avait l’air tout à fait straight, j’ai accepté de me baigner avec lui dans la petite baie secrète du lac Meech où les hommes vont souvent se faire bronzer nus. Or, à peine ai-je eu le temps de tremper mes pieds dans l’eau qu’il se mit à fumer mon cigare à moustaches, comme ça, devant tout le monde! Inouï!

Mais qu’est-ce qu’ils ont, tous ces fifs, à vouloir goûter à mon poireau? Seraient-ils incapables de réfréner leurs pulsions? Serait-ce parce qu’il y a pénurie de queues homosexuelles qu’ils se sentent obligés de sucer celle des hommes sains et normaux comme moi?

Croyez-moi, je n’ai aucune envie de me faire sucer la verge par un inverti. Alors pourquoi le gars dans les toilettes de la halte routière n’arrivait pas à le comprendre? Ou celui du vidéo peep-show? Et celui qui s’occupait du buffet à mes noces? Ou encore tous ces homos que j’ai croisés au parc près de la rivière après minuit? Tous sans exception ont voulu sucer ma queue et il n’y avait rien que je pouvais faire pour les en empêcher.

Avouez qu’on en deviendrait paranoïaque à moins. Chaque fois que je croise un homme dans la rue, j’ai peur qu’il m’attrape et m’entraîne dans une ruelle pour me bouffer le grand chauve derrière une poubelle. Les homosexuels ont même commencé à m’agresser dans mes pensées, alors que je m’accouple maritalement avec mon épouse et que je ne peux penser à autre chose que George Clooney sans sa chemise qui taquine mon zob du bout de la langue. Quand vont-ils finir par me laisser tranquille?

Certains diront que les choses pourraient être bien pires. Je suis d’accord; si c’étaient des femmes qui se mettaient à sucer continuellement mon bonbon, ce serait un péché d’adultère et je ne supporterais pas la honte de tromper ainsi ma femme. Mais puisque ce sont des hommes, tout ce que je ressens est de l’agacement et un vague dégoût. Je commence vraiment à en avoir assez. Je ne sais pas ce qui pousse un homosexuel à penser qu’un gars comme moi aurait envie de se faire remonter la grande échelle du chef de la police — et sincèrement, je ne veux pas vraiment savoir. Tout ce que je souhaite, c’est de trouver une façon de les convaincre d’arrêter.

Voilà pourquoi que j’ai décidé dernièrement de porter un string en cuir clouté en espérant que son aspect menaçant les fasse fuir. Peine perdue, on dirait qu’au lieu de les décourager, ils reviennent à la charge de plus belle. J’ai même commencé à agripper fermement mes agresseurs par les cheveux et secouer leur tête pendant qu’ils me sucent pour les convaincre de me lâcher, mais sans succès. À bout de ressources, je me suis résolu à me retirer au dernier moment pour éjaculer sur leur visage et leur poitrine, en espérant qu’ils prennent leurs jambes à leur cou. Hélas, rien à faire, ils n’arrivent pas à comprendre le message. Qu’est-ce qu’ils peuvent avoir la tête dure!

Je vous jure, si les homosexuels n’arrêtent pas de sucer continuellement ma queue, je vais devoir prendre les grands moyens. Le prochain qui ose poser ses lèvres sur mon engin, je le renverse sur le sol, je l’immobilise de mes bras puissants et je lui enfonce mon pieu dans le cul, histoire qu’il comprenne que ses avances ne sont pas les bienvenues. Ça lui apprendra à embêter les honnêtes citoyens! Et puis, je crois qu’on ne peut pas être plus direct que ça, hein?

Publié dans Récits | Tagué , , , | 2 commentaires

À tâtons

— Touche-moi. Je veux seulement que tu me touches, me dit-il.

Si je l’avais touché il y a quelques minutes à peine, quand nous étions encore habillés et inconnus, que ce serait-il passé? J’aurais pu frôler son épaule, j’aurais pu caresser sa joue… comment aurait-il réagi, en public, sur le trottoir? M’aurait-il mis son poing à la figure? M’aurait-il souri? Aurait-il pris les jambes à son cou? Surtout, qu’est-ce que ce contact aurait alors signifié, à ce moment précis?

Maintenant que je baigne dans l’air lourd qui entoure son corps, que sa chaleur et son aftershave s’insinuent dans ma chair, maintenant qu’il réclame ma caresse, pourquoi ce contact aurait une signification différente? Il s’agit pourtant des mêmes hommes, mus par de la même pulsion libidinale et impétueuse. Au point où nous en sommes, que je touche sa nuque du bout de l’index ou que je fasse vriller ma langue sur son gland, est-ce que ça fait vraiment une différence?

Il me regarde avec ses yeux verts, tendres, suppliants. Je crois que la réponse à toutes mes questions se trouve entre ses cuisses.

Publié dans Récits | Laisser un commentaire

Fist ce que doigt

(Honni soit qui mal y pense: il s’agit simplement d’un papier trouvé dans l’emballage d’un bonnet de natation.)

Publié dans Photos | Tagué | Laisser un commentaire

Carnet de vacances

J’ai beau les fréquenter assidûment et même vivre avec l’une d’entre elles, les femmes restent pour moi bien mystérieuses. Surtout le désir féminin, qui me semble d’une complexité inaccessible au pauvre mortel que je suis. Par exemple, le cas de M. qui me considérait avec indifférence jusqu’à ce qu’elle apprenne (de la bouche d’une personne bien informée) que je suis fortement attiré par les grosses femmes; les décolletés sont soudainement devenus plongeants, les talons vertigineux et les mains baladeuses. Serait-ce le désir que les femmes désirent?

 * * *

Cheveux mouillés, plaqués sur le front, et chair de poule sur les seins. Je crois que l’eau est bonne.

  * * *

Anal : j’ai six queues.

  * * *

Rien ne m’excite davantage qu’une totale impossibilité qui se transforme en faible possibilité, surtout lorsqu’elle s’accompagne d’un décolleté plongeant.

  * * *

Elle me rend mon manuscrit. Le coin de chaque page est jauni — c’est signe qu’elle a aimé.

  * * *

Se rendre aux toilettes en camping est une sacrée aventure. Elle en revient le rouge au front et la culotte tartinée de foutre.

  * * *

La langue douloureuse et les joues poisseuses, avec en prime la satisfaction du devoir accompli.

  * * *

Rencontre clandestine dans les buissons. Il jouit rapidement dans ma bouche, puis invoque la présence harcelante de moustiques pour de rebraguetter et fuir sans me rendre la pareille.

  * * *

« Je suis vieille, mais je suis bonne », me dit-elle en faisant jaillir ses seins fanés de son maillot de bain. La suite me prouva qu’elle avait raison : elle était bel et bien vieille.

  * * *

Cheveux en bataille, elle émerge péniblement de sa tente. Elle ne porte qu’un haut de bikini et un short bouffant, informe. En marchant vers les toilettes, elle ne s’aperçoit pas qu’un vibromasseur rose tombe de sa poche. En le ramassant, je m’aperçois que ce n’est finalement que son étui à brosse à dents.

  * * *

Elle doit avoir une quinzaine d’années, seule fille d’un groupe d’adolescents qui occupent la piscine du camping comme un pays conquis. Elle est très développée pour son âge, c’est le moins qu’on puisse dire, et son bikini en laisse très peu pour l’imagination, surtout lorsqu’elle se sert du tremplin comme d’un trampoline. Le maître-nageur, voulant l’avertir, tente de l’interpeller :

— Hey… toi… ne fais pas ça…

— Tu peux m’appeler « les boules », comme les autres… répond-elle, tout sourire.

  * * *

Blonde décolorée, poitrine généreuse, toute de cuir vêtue et portant des talons hauts aussi improbables qu’incongrus dans le gravier du sentier. Elle crache son chewing-gum, me tend la main et se présente :

— Je suis la cochonne du camping.

Le soir venu, j’aperçois un attroupement de vacanciers, sur un terrain un peu à l’écart. La plupart sont déculottés ou ont le short aux chevilles et attendent de besogner la dame sur la table à pique-nique. Elle a une pine en bouche et une autre au con et semble à la hauteur de son titre autoproclamé.

  * * *

Au BBQ : barbe, bear, cul.

  * * *

Sur sa roulotte était écrit « Cougar ». Sur son visage aussi.

  * * *

J’ai les yeux brûlés par le chlore. Heureusement, il y a assez de bikinis autour de la piscine pour me rincer l’œil.

  * * *

Il était si émouvant, les fesses recouvertes de mousse, que je pris l’initiative d’ajouter de la monnaie dans le distributeur d’eau chaude pour que sa douche dure juste un peu plus longtemps.

Publié dans Récits | Laisser un commentaire

Roy Dupuis

À genoux devant moi, sa langue enroulée autour de mon gland
Dans une cabine tachée de sperme de la rue Lewis
Je murmure à son oreille: « Tu ressembles à Roy Dupuis »

Ça le fait rire le temps de glisser sa main sur mon ventre
Mais j’y pense encore lorsqu’il me tend le flacon de poppers
D’une façon qui me semble toute roydupuisienne

Dans la pénombre d’une une cabine tachée de sperme
Je le vois inhaler comme seul Roy Dupuis saurait le faire
Regard ténébreux et gueule rugueuse d’ange déchu

Sa queue lourde et dure comme le courroux divin
Dans une cabine enfoutrée de la rue Lewis
Je sens sa langue de Roy Dupuis glisser vers mon scrotum

Alors je me débarrasse de mon jeans usé et décoloré
Car il fait obstacle dans cette cabine de la rue Lewis
À ces lèvres qui ressemblent tant à celles de Roy Dupuis

Coulant, salivant, roucoulant il m’a pompé tant et si bien
Que je me suis répandu en ornant de filets de foutre
Sa barbe drue et rêche de quasi Roy Dupuis

Me voilà donc pourceau fleurant le nitrite d’amyle
Une main tripotant ma bite gluante et les jeans chiffonnés
Sur le plancher maculé de foutre d’une cabine de la rue Lewis

Repus en compagnie d’un sosie bandé de Roy Dupuis
Cock ring fioles vides et sperme séché sur la peau
Sur la rue Lewis je crois bien que je vais revenir demain

Publié dans Poésie | Tagué , , , , | Laisser un commentaire