«Est-ce que ça ballote quand tu gigotes?»

Tel était le titre de son annonce sur Craigslist.

Ça faisait au moins deux ans que je luttais sans relâche pour me débarrasser de mon bedon et finalement, mes efforts commençaient à porter fruit. Bien sûr, je n’avais pas du tout l’air maigre, mais j’en étais enfin arrivé au point où je ne pouvais plus être associé au groupe ignominieux des gros. Il me restait juste assez de gras… pour que ça ballote un peu quand je me mettais à gigoter.

J’ai donc répondu à son annonce, non pas parce que je considérais que je correspondais vraiment à ce qu’il recherchait, mais bien parce qu’il me semblait un vicieux de première catégorie doublé d’un sens de l’humour hors du commun. Or, dès son premier courriel, il me réclama une photo. «Je veux une preuve que tu as ce qu’il faut autour de la taille», m’écriva-t-il, ajoutant qu’il ne m’enverrait pas la sienne tant qu’il n’aurait pas pu évaluer l’état de mon abdomen. Je refusai catégoriquement; nous étions dans une impasse.

«Puisque nous sommes deux véritables têtes de mule, peut-être devrions-nous sauter l’étape de la photo et passer directement à celle de la rencontre…», finit-il par proposer. Nous nous donnâmes donc rendez-vous dans le stationnement arrière du Loblaws. J’avais préalablement enfilé pour l’occasion mes vêtements qui me faisaient paraître le plus gros en pensant tristement à tous ces mois de régime et d’exercice.

Un jeune demi-dieu en uniforme de pompier vint à ma rencontre.

— Pierre? me demanda-t-il en souriant à pleines dents.

Nous échangeâmes une poignée de mains.

— Tu m’as l’air plutôt… en forme, me dit-il, d’un air un peu déçu.

— En réalité, pas tant que ça, je te jure. Tu veux voir?

Puisqu’il n’y avait personne autour, je relevai mon t-shirt, je baissai mes pantalons et lui montrai mon ventre arrondi.

— Oh mon dieu! s’écria-t-il. Est-ce que je peux toucher? Est-ce que je peux voir l’arrière?

Je me retournai et lui montrai mon cul. Il attrapa mes fesses à pleine mains et les agita. Je crois qu’elles gigotèrent de façon satisfaisante.

De retour chez moi, il fut le premier à se retrouver à poil.

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