Enculé

Je t’ai donné les meilleurs moments de ma vie
Boulevard Riel, appartement 211

Tu avais répondu à mon annonce sur Craigslist
J’avais noté to numéro sur un bout d’enveloppe déchirée

Que j’ai froissé et jeté dans le caniveau après notre rencontre
Après avoir été froissé et diligemment jeté par tes bons soins

Tu ne voulais pas de moi, je n’étais pas ton genre
Je n’ai rien du prince charmant, contrairement à toi

Je ne suis qu’une queue bien dure et presque anonyme
Qui va et vient dans ton cul d’ivoire et de miel

J’ai pourtant cru un instant être l’homme providentiel
Le messie que tu cherchais dans le dumpster du paradis

Tu m’as ouvert ta porte vête d’un t-shirt juste assez grand
Pour couvrir ton gland soyeux comme la joue d’un ange

Nous avons traversé en silence ton appartement
Planche à repasser dans la cuisine et lit défait

On pouvait entendre les étudiants à demi nus
Tondre la pelouse par la fenêtre de ta chambre

«Tu veux quelque chose à boire?» m’as-tu demandé
«Non, ça va» ai-je répondu, la pine déjà raide dans mon jeans

Tu vins t’asseoir près de moi et défit un à un
Le boutons de ma chemise et de mon 501

Tu me déshabillas comme on pèle la peau d’un serpent
Puis vins t’amarrer à ma bite comme un bateau ivre

Alors que tu plongeais pour pêcher des perles de foutre
Je frottai ta tête comme une boule de cristal

Dans l’espoir d’y apercevoir quel serait notre avenir
Où nous mènerait  le dérèglement prévisible de nos sens

Puis, il y eut ton cul bombé et parsemé d’étoiles
Dont tu avais pris soin de lubrifier le centre de gravité

Tu pris place sur moi et me guidai vers le saint des saints
En me disant «Donne-la moi bien profond»

Je crachai tout mon foutre dans tes entrailles
Puis tu te déroulas de moi comme le condom que j’aurais dû mettre

Rouge et en sueur, je te vis marcher d’un port altier hors de la chambre
En disant simplement «je t’apporte une serviette»

Assis sur ton lit, la queue gluante de foutre et de merde
La serviette était aussi froide que toi

«On peut se revoir» t’ai-je en me rhabillant
«Oui, bien sûr, pourquoi pas» as-tu répondu en regardant par terre

«Tu veux mon numéro?» t’ai-je proposé en tendant la joue
«Je t’enverrai un email» as-tu dit en te dérobant

Sur le pas de ta porte, sous le ciel cruel de la honte
Je me demandai lequel de nous deux s’était fait enculer.

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Un commentaire pour Enculé

  1. R. Bilodeau dit :

    Superbe et triste comme une douleur d’abonné absent.

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