À tâtons

— Touche-moi. Je veux seulement que tu me touches, me dit-il.

Si je l’avais touché il y a quelques minutes à peine, quand nous étions encore habillés et inconnus, que ce serait-il passé? J’aurais pu frôler son épaule, j’aurais pu caresser sa joue… comment aurait-il réagi, en public, sur le trottoir? M’aurait-il mis son poing à la figure? M’aurait-il souri? Aurait-il pris les jambes à son cou? Surtout, qu’est-ce que ce contact aurait alors signifié, à ce moment précis?

Maintenant que je baigne dans l’air lourd qui entoure son corps, que sa chaleur et son aftershave s’insinuent dans ma chair, maintenant qu’il réclame ma caresse, pourquoi ce contact aurait une signification différente? Il s’agit pourtant des mêmes hommes, mus par de la même pulsion libidinale et impétueuse. Au point où nous en sommes, que je touche sa nuque du bout de l’index ou que je fasse vriller ma langue sur son gland, est-ce que ça fait vraiment une différence?

Il me regarde avec ses yeux verts, tendres, suppliants. Je crois que la réponse à toutes mes questions se trouve entre ses cuisses.

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