Carnet de vacances

J’ai beau les fréquenter assidûment et même vivre avec l’une d’entre elles, les femmes restent pour moi bien mystérieuses. Surtout le désir féminin, qui me semble d’une complexité inaccessible au pauvre mortel que je suis. Par exemple, le cas de M. qui me considérait avec indifférence jusqu’à ce qu’elle apprenne (de la bouche d’une personne bien informée) que je suis fortement attiré par les grosses femmes; les décolletés sont soudainement devenus plongeants, les talons vertigineux et les mains baladeuses. Serait-ce le désir que les femmes désirent?

 * * *

Cheveux mouillés, plaqués sur le front, et chair de poule sur les seins. Je crois que l’eau est bonne.

  * * *

Anal : j’ai six queues.

  * * *

Rien ne m’excite davantage qu’une totale impossibilité qui se transforme en faible possibilité, surtout lorsqu’elle s’accompagne d’un décolleté plongeant.

  * * *

Elle me rend mon manuscrit. Le coin de chaque page est jauni — c’est signe qu’elle a aimé.

  * * *

Se rendre aux toilettes en camping est une sacrée aventure. Elle en revient le rouge au front et la culotte tartinée de foutre.

  * * *

La langue douloureuse et les joues poisseuses, avec en prime la satisfaction du devoir accompli.

  * * *

Rencontre clandestine dans les buissons. Il jouit rapidement dans ma bouche, puis invoque la présence harcelante de moustiques pour de rebraguetter et fuir sans me rendre la pareille.

  * * *

« Je suis vieille, mais je suis bonne », me dit-elle en faisant jaillir ses seins fanés de son maillot de bain. La suite me prouva qu’elle avait raison : elle était bel et bien vieille.

  * * *

Cheveux en bataille, elle émerge péniblement de sa tente. Elle ne porte qu’un haut de bikini et un short bouffant, informe. En marchant vers les toilettes, elle ne s’aperçoit pas qu’un vibromasseur rose tombe de sa poche. En le ramassant, je m’aperçois que ce n’est finalement que son étui à brosse à dents.

  * * *

Elle doit avoir une quinzaine d’années, seule fille d’un groupe d’adolescents qui occupent la piscine du camping comme un pays conquis. Elle est très développée pour son âge, c’est le moins qu’on puisse dire, et son bikini en laisse très peu pour l’imagination, surtout lorsqu’elle se sert du tremplin comme d’un trampoline. Le maître-nageur, voulant l’avertir, tente de l’interpeller :

— Hey… toi… ne fais pas ça…

— Tu peux m’appeler « les boules », comme les autres… répond-elle, tout sourire.

  * * *

Blonde décolorée, poitrine généreuse, toute de cuir vêtue et portant des talons hauts aussi improbables qu’incongrus dans le gravier du sentier. Elle crache son chewing-gum, me tend la main et se présente :

— Je suis la cochonne du camping.

Le soir venu, j’aperçois un attroupement de vacanciers, sur un terrain un peu à l’écart. La plupart sont déculottés ou ont le short aux chevilles et attendent de besogner la dame sur la table à pique-nique. Elle a une pine en bouche et une autre au con et semble à la hauteur de son titre autoproclamé.

  * * *

Au BBQ : barbe, bear, cul.

  * * *

Sur sa roulotte était écrit « Cougar ». Sur son visage aussi.

  * * *

J’ai les yeux brûlés par le chlore. Heureusement, il y a assez de bikinis autour de la piscine pour me rincer l’œil.

  * * *

Il était si émouvant, les fesses recouvertes de mousse, que je pris l’initiative d’ajouter de la monnaie dans le distributeur d’eau chaude pour que sa douche dure juste un peu plus longtemps.

Advertisements
Cet article a été publié dans Récits. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s