Catalogue vénérien: chapitre deuxième

(Tiré du Catalogue vénérien du ci-devant Pierre Moleskine, compilé par ses propres soins et destiné à l’édification morale des générations futures.)

Célibat

Je qualifie de « célibat » la période qui s’étend de ma puberté au début de ma vie de jeune adulte, puisque c’est le seul temps de ma vie où je ne fus pas « en couple ». À partir de l’âge de 22 ans, j’ai toujours eu une compagne officielle avec qui je vivais marié ou en concubinage. Ainsi, de 13 à 22 ans, alors que j’étais monomaniaque et essentiellement une bombe à retardement hormonale, j’eus un nombre limité d’expériences sexuelles, d’abord masculines et ensuite féminines.

Si on exclut la première année passée à Sherbrooke, j’ai fait tout mon secondaire dans une école publique de la banlieue de Montréal. C’était une immense polyvalente que j’ai détestée dès le premier jour : elle ressemblait à un lourd blockhaus de béton et aurait pu sans problème contenir une tornade tellement tout à l’intérieur était conçu à l’épreuve de ces bêtes sauvages que sont les adolescents. Je m’y suis senti en prison et ce fut une réelle libération que de diplômer et ne jamais y retourner.

J’ai aussi, dès le premier jour, détesté les adolescents. Mes camarades me semblaient grégaires à l’extrême, bêtement obsédés par la popularité et organisés comme des meutes de chiens, sous la direction de mâles alpha aussi stupides que tyranniques. Quant à moi, j’étais sans conteste un mâle bêta, pour des raisons que semblaient flairer instinctivement les garçons et les filles de mon âge. J’étais timide, sensible, artiste de tempérament et je m’adonnais à des activités qui, si elles étaient révélées au grand jour, risquaient de m’étiqueter définitivement dans la catégorie infamante des « fifs » : j’écrivais de la poésie, je jouais du piano et je lisais des LIVRES (l’horreur). Il fallut que je me mette à la guitare électrique et que je joue dans un band pour alléger les soupçons du troupeau quant à la qualité chancelante de ma virilité. Par bonheur, je restai toujours un mâle becta et ne devint jamais un individu oméga, un de ces « rejet » intouchables qui étaient les souffre-douleur universels de la société adolescente que nous formions. L’un d’entre eux, surnommé « Capou » (je ne me souviens même plus de son vrai nom — en avait-il vraiment un?) était un pauvre animal traqué, blessé et traumatisé, qui m’inspirait à la fois la pitié et une peur immense (et lâche) de devenir comme lui.

J’étais donc plutôt solitaire, bien que je fisse partie d’une « gang » composée de premiers de classe, mâles beta par définition. La plupart d’entre eux sont devenus de gras ingénieurs banlieusards;  je les ai perdus de vue après mon mariage. L’un d’entre eux maria la sœur de mon ex et fut ainsi mon beau frère pendant quelques années. Ces garçons s’habillaient tous à peu près de la même façon (le look en noir des amateurs de rock alternatif des années quatre-vingt), partageaient les mêmes loisirs (le vélo, essentiellement) et ne manquaient aucune danse au centre des jeunes et à l’école. Quant à moi, j’étais un peu à la marge du groupe : je faisais de l’acné, ma bécane était pourrie, mes parents ne voulaient pas me payer les fringues qui constituaient l’uniforme du groupe et je faisais de la natation de compétition et des cours de sauvetage, ce qui systématiquement m’empêchait de sortir les vendredis et samedis avec eux. À partir de la quatrième année du secondaire, ils se mirent tous à avoir des blondes, ce qui m’isola encore davantage. Rétrospectivement, je me rends compte que si je n’avais pas été claviériste et guitariste pour le groupe de deux d’entre eux, je ne crois pas que j’aurais eu ma place parmi des garçons de bonne famille.

À partir de quinze ans, je me mis à consommer de la pornographie. Ce n’était pas très difficile d’acheter des revues de cul dans les dépanneurs — j’avais l’air plus vieux que mon âge et on ne m’a jamais demandé de pièce d’identité. Il m’arrivait aussi de prendre l’autobus et de me rendre dans les vidéo peep shows  du centre-ville de Montréal où, pour quelques vingt-cinq sous, je pouvais visionner des films hardcore en me branlant. J’étais aussi excité à la vue d’un homme baisant une femme que de deux hommes s’amusant entre eux — ce qui me distinguait de mes petits camarades, qui n’en avaient que pour les scènes de lesbiennes.

Le fait que j’étais bisexuel devint rapidement pour moi une évidence. Il était tout aussi évident que je n’avais nullement envie de faire un coming out, de peur de glisser définitivement au rang d’individu oméga.

Patrick

J’étais donc bien solitaire, ce qui ne m’empêcha pas de m’amouracher violemment et éperdument de quelques personnes et de connaître quelques expériences sexuelles sans lendemain.

Il y eut d’abord Patrick, qui nageait avec moi. J’avais quinze ans et lui seize. Il était grand, brun, élancé, musclé, adorable. Lors des compétitions, nous étions inséparables; nous étions toujours assis ensemble dans les autobus et sur le bord de la piscine, entre les épreuves. Sa blonde nageait avec nous et il me racontait en détail tout ce qu’il faisait avec elle : premier baiser, premières caresses sur les seins, première relations sexuelle. J’étais jaloux et le lui disais souvent — sans lui avouer que je l’étais autant de lui que d’elle.

À cette époque, nous allions deux fois par année en compétition à l’extérieur de la ville, comme à Sherbrooke et même en banlieue de New York.  La plupart du temps, nous étions logés chez les parents des nageurs contre qui nous compétitionnions, mais  lorsque nous allâmes à Québec, nous couchâmes à l’hôtel. Mon partenaire de chambre étant (bien entendu) Patrick et nous passâmes une partie de la nuit côte à côte, chacun dans notre lit, à parler de sexe — lui de sa blonde et de ce qu’il avait envie de faire avec elle, moi de mes fantasmes les plus délirants. Vers minuit,  nous abordâmes l’homosexualité.

— Je trouve ça dégoûtant, mais je respecte ceux que ça excite, m’a-t-il dit sur un ton péremptoire.

— Oui, tu as raison, lui répondis-je lâchement. Mais je me dit quand même que les gays doivent avoir les meilleurs blow jobs. C’est pas juste.

— Pourquoi tu dis ça?

— Chais pas… il me semble que si c’est un gars qui te suce, t’as pas à tout lui expliquer. Il a une queue lui aussi et il sait donc ce qui fait du bien…

— Ouin, peut-être…

— Tu dis qu’Annie te prend du bout des lèvres pendant à peine vingt secondes, n’est-ce pas?

— Oui. En plus, je sens toujours ses dents.

— Ben tu vois, un gars saurait que ça ne fait qu’agacer.

— Es-tu en train de dire que tu me sucerais mieux que Sophie? me dit-il en rigolant.

—Peut-être, peut-être… répondis-je timidement.

Patrick repoussa alors le drap et, par bravade peut-être, s’exposa à mon regard et me lança :

— Dans ce cas, fais-moi une démonstration. Après tout, y’a que moi qui peux comparer ses pipes avec les tiennes.

Il ne s’attendait sûrement pas à ce que je le prenne au mot, car il sursauta légèrement lorsque je me levai pour le rejoindre dans son lit. Patrick ne portait que des boxer shorts; je m’installai entre ses cuisses et fit glisser le sous-vêtement jusqu’à ses chevilles. Il bandait déjà et je m’efforçai de le sucer comme j’aurais voulu qu’on me suce, bien profondément, avec un maximum de salive, en taquinant de temps en temps le gland de ma langue. Je crois que je fis du bon travail, pour une première fois, puisqu’il éjacula dans ma bouche après à peine une minute.

Ce fut en quelque sorte ma « première fois ».

J’essuyai mon menton sur le drap et retournai dans mon lit. Nous ne parlâmes plus jusqu’au lendemain et Patrick se mit à agir comme s’il ne s’était rien passé. Évidemment, les choses n’étaient pas si simples et Patrick changea d’attitude envers moi; il devint plus froid, plus distant et nous cessâmes de nous fréquenter l’été suivant, lorsqu’il quitta le club de natation. J’ai appris il y a quelque temps qu’il a étudié en océanographie et qu’il parcourt le Pacifique pour étudier les mammifères marins. Il reste pour moi le premier mammifère pour lequel j’ai plongé et bu la tasse.

Patricia

Elle était un an plus jeune que moi, un peu punkette, avec une poitrine qui me semblait immense. Elle nageait elle aussi dans mon groupe et je la trouvais mignonne, sexy et adorable dans son maillot. Ne sachant pas comment l’aborder, je lui écris une longue lettre d’amour que je demandai à une camarade de lui remettre. Je n’eus aucune réponse autre que des fous rires lorsque j’avais le dos tourné. L’humiliation fut des plus cuisantes — j’en ai encore des sueurs froides lorsque j’y repense.

Serge

Il était beau, artiste et bohème, il faisait de l’impro et du théâtre, il voulait devenir acteur (c’est d’ailleurs ce qu’il est devenu), il était extrêmement populaire et était ainsi membre de plein droit de la meute des mâles alphas.  Jamais ne l’aurais-je fréquenté s’il n’avait pas eu besoin d’un musicien pour le groupe qu’il formait pour jouer au bal des finissants. Je le trouvais sexy et intelligent et je suis passé à un cheveu, un certain soir où nous avions un peu trop bu, de lui faire une déclaration d’amour enflammée. Je me suis retenu, car il avait une blonde et depuis, il collectionne les aventures avec toutes les jeunes et jolies starlettes du bottin de l’Union des artistes.

Marie-Hélène et Sophie

Toute menue, toujours souriante et proprette, elle suivait le même cours de sauvetage que moi. Je lui fis une cour maladroite que je voulais subtile. Je sortis même au cinéma avec elle et dans l’autobus du retour, elle me raconta à quel point c’était difficile d’avoir des relations amicales avec les garçons qui sont tous des obsédés sexuels et ne pensent qu’a visiter sa petite culotte. Un peu humilié par ce râteau indirect — car je correspondais parfaitement à cette description—, je lui répondis :

— Dommage que tu penses comme ça, parce que moi, je t’avais invitée dans l’espoir de pouvoir te lécher la chatte…

Elle se mit à rigoler, mais cessa lorsqu’elle comprit que j’étais sérieux. Nous nous quittâmes en froid ce soir-là. Une semaine plus tard, alors que je sortais du vestiaire de la piscine, elle vint me voir et me glissa à l’oreille :

— Tu as toujours envie… de me lécher?

— Euh, oui, bien sûr, bafouillai-je, surpris par cette question inattendue.

— Dans ce cas, c’est ce soir ou jamais. Mes parents sont sortis, nous avons à peu près deux heures.

Je la suivis à pied jusqu’à chez elle en bandant comme un âne. Elle m’amena dans sa chambre, au sous-sol, puis me dit en fronçant les sourcils :

— Je t’avertis, je te laisse me lécher et c’est tout. Pas question que je touche à ton truc, même avec ma main, et surtout pas question que tu me le mettes. Je suis vierge et je compte bien le rester.

— D’accord, ça me va.

— Tu veux boire quelque chose, avant? J’ai de l’eau et du Sprite…

— Non, ça va aller.

— T’es sûr? Parce que, tsé, tu vas me…

Elle semblait établir un lien direct entre l’exercice auquel nous allions nous consacrer et le degré de mon hydratation buccale.

— Je t’assure, j’ai besoin de rien.

— Ok d’abord. On commence tout de suite, dit-elle en enlevant son pantalon d’exercice et sa petite culotte.

Elle se coucha sur le lit, sur le dos, écarta les cuisses et attendit. Son sexe était menu, tout rose, couvert de poils fins et soyeux. Je le contemplai pendant deux bonnes minutes.

— Alors? Tu commences? me demanda-t-elle sur un ton impatient.

— Je peux voir tes seins avant?

— Après, peut-être.

Encouragé par cette promesse, je me mis à l’ouvrage. Je léchai un peu les grandes lèvres et vit pour la première fois s’entrouvrir et éclore un sexe féminin. Je savais qu’il devait y avoir un clitoris quelque part, mais je ne vis rien à la jonction des petites lèvres. Je décidai quand même d’y consacrer l’essentiel de mes efforts.

— Non… pas là… me dit alors Marie-Hélène.

Je n’osai demander où, alors je fis glisser ma langue entre et sur ses nymphes, jusqu’à son périnée. Elle mouillait un peu, mais pas abondamment. Je fus immédiatement séduit par le goût un peu âcre et l’odeur piquante de sa cyprine. Je lapai donc avec un enthousiasme grandissant, tout en évitant de toucher directement son fantôme de clitoris. Marie-Hélène se tortilla en soupirant et le manège se poursuivit pendant plusieurs minutes. J’étais bien décidé à continuer le plus longtemps possible, jusqu’à ce que ma langue se fatigue ou que ma mâchoire fut prise de crampes. Or, c’est elle qui m’arrêta. Elle expira fortement puis me dit, d’une voix coupée : « Ok, ok, c’est assez ».

Comme je m’attendais à ce qu’elle jouisse en craint — c’est ce que toutes les filles faisaient dans les films pornos — alors, je lui demandai, inquiet :

— Tu… tu n’as pas aimé ça?

— Pfff! Qu’est-ce que t’en penses? me dit-elle en quittant le lit.

Je n’en pensais rien, justement; j’étais même assez convaincu qu’elle n’avait pas du tout apprécié. J’avais jusqu’alors vu jouir « en vrai » que des garçons et leur éjaculation me semblait une preuve tangible et irréfutable de leur plaisir. Mais j’étais bien en peine de deviner si Marie-Hélène avait eu un orgasme.

— Tu ne peux pas traîner ici, me dit-elle en enfilant sa culotte. Mes parents arrivent d’une minute à l’autre et je ne suis pas censée recevoir de garçons en leur absence.

Elle me poussa jusqu’à la sortie sans que je n’ose lui redemander de voir ses seins. Ce fut en quelque sorte ma « première fois » avec une femme.

Durant les semaines qui suivirent, Marie-Hélène fit tout pour m’éviter. Je croyais devenir paranoïaque, car même ses copines semblaient me regarder d’une drôle de façon. Jusqu’au jour où l’une d’elle est venue me parler à la sortie de la piscine, alors que je déverrouillais mon vélo.

— Salut. C’est toi, Pierre? me demanda-t-elle tout en mastiquant ostensiblement son chewing-gum.

— Oui, c’est moi.

— Je m’appelle Sophie. Je suis une amie de Marie-Hélène. On va toutes les deux à Durocher.

Elle portait d’ailleurs l’uniforme de cette école privée pour filles pour le prouver.

— Enchanté, dis-je tout simplement en faisant tourner le cadran du cadenas.

— Marie-Hélène m’a beaucoup parlé de toi.

— Ah.

— Pas juste à moi, d’ailleurs… à toutes les copines.

— Ah?

Accroupi près de la roue de mon vélo, je levai les yeux vers elle. Elle était un peu grassette, les cheveux longs, noirs, frisés et retenus par une passe en tissu noir. Sa poitrine volumineuse semblait être sur le point de faire sauter les boutons de sa blouse blanche. Elle mâchait sans discontinuer, ce qui me sembla un tantinet vulgaire et pas du tout sexy.

— Qu’est-ce que tu fais ce soir? me demanda-t-elle subitement.

— Ben… je pensais passer une soirée tranquille à la maison.

— Ça te tenterait de venir boire un chocolat chez moi? On pourrait aussi écouter de la musique, je viens d’acheter l’album de Bon Jovi…

— Ben… chais pas.

— On pourrait avoir… bien du fun, tu sais.

Elle cessa de mâcher et me fit un clin d’œil et un large sourire.

— Ok, ça marche.

— Cool! J’habite juste à côté, tu vas voir, c’est pas bien loin.

Je la suivis donc en marchant à côté de mon vélo. En chemin, elle se mit à me faire carrément des avances.

— Marie-Hélène m’a dit que vous êtes sortis ensemble.

— Oui, nous sommes allées au cinéma il y a un mois ou deux.

— Je veux dire… vous êtes sortis ensemble…

— Pas dans le sens qu’elle a été ma blonde, non.

— Niaise-moi donc pas, tu sais ce que je veux dire, répondit-elle impatiemment.

— Elle t’a raconté… ça?

— Bien sûr. Tu as l’air de rien comme ça, mais il paraît que c’était pas mal hot.

Je ne savais pas s’il fallait que je sois insulté ou flatté par ce dernier commentaire.

— Tiens, mes parents sont sortis… dit-elle lorsque nous arrivâmes chez elle, sur un ton faussement surpris.

Je laissai ma bécane sur le côté de la maison et entrai avec elle. Je la suivis jusqu’au salon où elle m’invita à m’asseoir sur le canapé. Tel que promis, elle mit la cassette de Slippery When Wet (était-ce un sous-entendu graveleux?) dans le lecteur et rapporta de la cuisine deux verres de lait au chocolat que nous bûmes en silence au son des vocalises de Jon Bon Jovi.  Après quelques minutes, elle se tourna et me dit, sur un ton agacé :

— Ben là… tu te décides?

— Qu’est-ce que tu veux dire?

— God! Faut que je te fasse un dessin?

— Je pensais qu’on allait boire du chocolat et écouter Living on a Prayer.

— Fais pas l’innocent. Je t’ai dit que Marie-Hélène m’a parlé de toi.

— Donc, tu veux qu’on…

— Pas « on ». Toi. Je veux que tu me fasses la même chose qu’à elle et rien se plus.

— On ne peut pas dire que tu niaises avec la puck. Marie-Hélène non plus, d’ailleurs. Vous êtes toutes comme ça, à Durocher?

— Pffff. C’est oui ou c’est non?

— C’est oui… si tu me montres tes seins avant.

Elle déboutonna sa blouse en soupirant, dégrafa son soutien-gorge et dénuda sa poitrine. Ses seins étaient ronds, lourds et ses aréoles d’un rose tendre. C’était les premiers que je voyais « en vrai ». La vision fut toutefois fugace, car elle les recouvrit  après une trentaine de secondes.

— Bon, tu as eu ce que tu voulais, maintenant à mon tour.

Elle releva sa jupe et je vis qu’elle ne portait pas de culotte — elle avait bien planifié son coup. Elle posta son cul au bout du coussin du canapé, appuya ses talons à côté de ses fesses et, les cuisses grandes ouvertes, attendit que je m’exécute.

Ce que je fis. Son sexe était fort différent de celui de Marie-Hélène : le poil de son pubis était beaucoup plus abondant et ses petites lèvres plus épaisses, plus pendantes. Et surtout, elle avait un clitoris bien saillant, visible au premier coup d’œil. Prenant leçon de ma première expérience, je léchai Sophie en me tenant bien loin de son clito. Curieusement, elle mouillait très peu et ne sentait presque rien. Je poursuivis mes efforts pendant quelques minutes, un peu inquiet par son manque de réactions. Je finis même par me risquer sur le clitoris, sans obtenir vraiment de réactions. À peine soupirait-elle un peu de temps en temps — d’ennui, peut-être, plutôt que de plaisir. Après une dizaine de minutes de ce manège, elle me dit :

— Bon, ok, ça ne mène à rien. Je savais bien que ça serait nul.

Elle rajusta sa tenue pendant que je me relevai, au moins aussi déçu qu’elle et bandé comme un chevreuil.

— Yeuurk… ne pointe pas ça dans ma face! Me dit-elle montrant ma braguette de son index.

— Bon, je pense que je vais y aller. Merci pour le chocolat.

— C’est ça. On s’appelle, me dit-elle sans se donner la peine de me raccompagner… et de me donner son numéro de téléphone.

Ma rencontre avec Marie-Hélène et Sophie — ainsi que celle avec Patrick, par le fait même — fut pour moi riche en enseignements. J’appris entre autres qu’on n’évalue pas le plaisir des filles à partir de leurs couinements. Que le plaisir féminin n’est pas lié à la grosseur du clitoris. Que ce qui fait jouir une fille ne fera pas nécessairement faire jouir une autre. Qu’un garçon est beaucoup plus facile à faire jouir qu’une fille. Que les filles hétéros sont beaucoup moins intéressées aux pénis que les mecs bi et gay. Et surtout, que les filles sont aussi nombreuses que les garçons à préférer jouir que de faire jouir.

Ça n’a rien à voir avec le fait d’être actif ou passif. Certaines personnes sont avant tout des preneuses de plaisir. Moi, je suis foncièrement un donneur.

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Un commentaire pour Catalogue vénérien: chapitre deuxième

  1. chlorophylienne dit :

    Celui-ci vaut son pesant de cacahuètes…un petit bijou

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